Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

58

Si, la poésie pousse dans les arbres.

57

On empile les couches de laine sur la peau,
Sibériens des forêts –
slaves, vaillants, et romanesques,
surfeurs de glace sur la vague de froid.

56

Lorsque tu prendras la parole
dis leur bien
ne leur fais pas de mal
ne cache rien
les secrets s’ils ne sont pas heureux
mangent toute la beauté
qui passe à leur portée lire plus…

54

Si on va par là,
chaque jour est une croisée des chemins.

53

Un jour, la mer rendra les corps.
Je ne donne pas cher de nous.

51

Comme si l’hiver
par grand vent
voulait déloger le printemps –
un pied sur le territoire

50

Un Italien c’est un Français exalté !

(Bingo – Fin du déjeuner dominical – 19h33)

49 Dimanche

Je ne fais rien mais je ne m’y fais pas.
C’était terrible à Paname, ces tentes sur le trottoir glacial.
Cette jeune femme dans son sac de couchage.
Ce vieil homme installé au milieu, sa bouteille, sa radio.
Ce type ramassant tous les cartons qu’il peut. lire plus…

48

Il s’agit de cueillir
tous les chants d’oiseaux
Et de les coudre à l’envers du jour

(Dominique Bergougnoux in Revue 17 secondes)

47

Le jeune homme assis à côté de moi dans le train,
choisit, commande, et paye sur son téléphone.
Puis il va chercher sa commande à la voiture bar,
revient avec son sandwich cinq minutes plus tard.

Il m’étonne encore – ce présent futuriste.

(Je me demande si on peut se faire livrer)

46

Faut pas embêter les ornithorynques !
(collectif – 3h41)
(Ils ont des aiguillons venimeux (Le savais-tu ?))

45

Evoquer Bobby Lapointe entre deux pina colada,
chercher un tuto pour faire un émoticône pomme de terre,
inventer le hashtag touche pas à mon porc –
rire ensemble est le présent du temps

44

Ni juge, ni soumise
(Jean Libon, Yves Hinant)
Impossible d’en sortir indemne

43

Lever de soleil sur les immeubles pâles,
premiers gyrophares –
les lumières de la ville.

42 Dimanche

 

Je pense souvent, à ce que disait Benoîte Groult :
Je suis née sans droits, je les ai vu arriver un par un.
C’était il n’y a pas si longtemps, elle est morte en 2016, est née juste une quarantaine d’années avant moi. Elle ne fait pas partie d’une autre histoire, elle avait à peu près l’âge de ma mère. lire plus…

41

Il te faudra sans doute
creuser de longs tunnels de solitude

lancer de frêles passerelles
se balançant au dessus des abîmes lire plus…

40

Deux acides acétylsalicyliques et au lit

39

La puissance de la neige
est de nous faire croire qu’elle tombe
personnellement

38

Les pépites sourires de tous les jours

(Frangine (en pleine forme))

37

L’amour et moi, on se comprend.

36

Je n’en manque pas pourtant,
il dit que ce ne sont pas les mêmes.
L’ophtalmo insiste :
je vous prescris des larmes,
matin et soir.

34

Nous aimons toujours pour la première fois
l’œil plein d’un premier soleil à venir

Le réel nous soulève au-dessus des herbes
là où viennent boire les bêtes
du cœur des sources lire plus…

33

 

L’amour, la nuit, tire la couverture à lui.

32

Revenir sur des lieux,
se souvenir d’un visage de soi,
d’impressions cellulaires,
mélanger, remuer,
déguster les yeux doux.

31

La lune bleue,
d’autres disent saignante,
dispute au soleil,
la grâce de l’aube.

30

Nos morts, au fond, ne le sont pas tant que ça.
Puisque nous vivons.

29

Au milieu du champ,
une femme chante du jazz dans l’enceinte Bluetooth,
nous inventons le monde,
la musique l’assemble.

28 Dimanche

On reçoit des Whatsapp des amis, des photos des unes sur les plages de Marie-Galante, des vidéos des autres dans la neige suédoise. lire plus…

27

 

la nuit parle
des mondes qui tombent
et s’entrechoquent
pourtant les verbes dorment
planètes autour desquelles gravitent les phrases
comment puis-je dire alors
que je n’ai rien à dire
de plus beau
que le silence d’un visage 

(Nicolas Waquet – Revue Recours au poème)

26

Je suis consolée de tout
à savoir qu’il y aura toujours des livres
et des joueurs de blues

25

Goupil traverse serein –
en petites foulées.
Croiser un renard
sur le Chemin des Lièvres
ne s’invente pas.

24

Ce qui me nuit le matin...
dit-il, inconscient de sa poésie.

23

Je serais cet étourneau dans le mouvement de tous,
pixel de la vague vibrante,
haut dans le ciel des vignes.

22

Nous les avons mariés à l’apéro :
Catherine Millet et Michel Houellebecq.

21 Dimanche

Quand l’orage fait vibrer la caravane, parfois je mets la musique à fond, d’autres fois j’éteins la lumière, j’ouvre les stores, et je regarde le spectacle, au chaud, à l’abri.
Impossible de ne pas penser à ceux qui n’ont pas de toit. lire plus…

20

Sous le ciel blanc,
les collines disparaissent dans la brume,
l’espace d’une matinée livrée à elle-même,
le Royaume interrompt ses programmes.

19

Nous sommes génération charnière
entre deux civilisations,
nous aurons accompagné notre mutation –
nous sommes 1.0.

18

Dans une autre vie, je voudrais m’appeler Simone.

(Tout de même : Veil, Beauvoir, … (Envoiture))

17

Quand dans un salon de thé cosy, en cette fin d’après-midi,
il passe en fond sonore Higway to Hell d’AC/DC,
se dire que non seulement les temps changent
mais certains ont déjà beaucoup changé.

16

Nous aimerions toutes tellement
que personne ne cherche à prouver
qu’il y a forcément dans nos rangs
la même proportion de bêtise, de cruauté, d’inconscience, de crapulerie, …

15

Le monde est orange comme un bleu.

14 Dimanche

A l’enterrement d’une feuille morte

On se disait qu’il se passait quelque chose.
Ce n’était pas seulement la mort d’un chanteur à succès.
On sentait qu’il se passait autre chose. lire plus…

13

Dans la folie de l’obéissance d’être en vie,
j’accuse l’infinie gourmandise jubilatoire de mon cerveau,
de m’inonder du désir impalpable de jouer avec les lettres
et raconter l’invisible qui vit en moi.

Babouillec in Algorithme éponyme

12

Une sortie dans la nuit,
pisser sous la pluie,
le plaisir de l’orage –
sauvage.

11

L’amour, arrête de dire ce que j’allais dire !

10

Face à notre difficulté à distinguer croyance et connaissance,
Saint Thomas complote pour devenir le patron du Net.

09

Bingo attire l’attention de la tablée sur la simplexitude des choses,
l’assemblée apéritive adoube le terme –
mais sans scribe l’oublierait.

08

Il arrive que tout le monde ne soit pas d’accord à la tablée,
le ton monte, on se chauffe, on se crie,
puis on passe au dessert et à un autre sujet,
on trinque à notre science de vivre ensemble.

07 Dimanche

Parfois je me sens perdue, comme nomade de moi-même.
D’autres fois je sens des racines se déployer, jeter l’ancre là où j’ai trouvé refuge.
Dans ce nouveau royaume, accueillant, bienveillant, et d’une somptueuse beauté. lire plus…

06

Dans la mire du plan anti-pollution –
les voix fluorescentes
des publicités à la radio.

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

Fragments confits 7

3 milliards à ce jour
d’humains confinés

Les routes les rues les places
vides
3 milliards de cellules enfermées
dans le vide

Une autre guerre

Il n’y a pas d’homme cultivé, il n’y a que des hommes qui se cultivent

[Maréchal Ferdinand Foch]

Des nouvelles (brèves) de la cabane en parpaings

Tout allait s’arranger.
Je n’en revenais pas de cet alignement des planètes. Je commençais un boulot le samedi, un job idéal.
Avec le tracé des fondations, les travaux pour la maison allaient démarrer le lundi.
C’est grisant quand ça va comme sur des roulettes, j’avais, cette semaine-là, rendez-vous avec mon futur.
J’ai un caractère à voir l’avenir plutôt radieux, mais dans la même foulée un travail, une maison, c’était un feu d’artifice.
On n’arrive pas à mon âge sans savoir que la vie est surprenante, inattendue, que tout peut changer d’une minute à l’autre, que les projets ont toujours une part aléatoire, qu’il y a souvent des embûches sur le chemin, mais tout de même…
une pandémie mondiale !

Mots amis

Parfois on se sourit en silence
avec ce sourire qui veut dire pardon
avec ce sourire qui veut dire peut être
avec ce sourire qui veut dire tant pis
avec ce sourire qui veut dire je sais
moi aussi

[Thomas VinauCarnet de semis]

Fragments confits 5

Trois choses que l’on peut avoir

Peur
Espoir
Pas plus de 12 rouleaux de PQ

Quadrature de l’éphémère – Parution

J’ai écrit ce recueil parce qu’il faut le dire aussi quand on est heureux.
Parce que, quoiqu’il arrive, la nature est ce qui existe de plus généreux sur cette planète.
Je l’ai écrit, assise sur les marches de ma caravane,
comme une ode à ce Luberon tant aimé, au Luberon de chacun, aux jours qui se suivent.
Il acquiert une autre résonance en ces temps étonnants.
Un petit poème de saison pour la route…

[Illustrations de Zaü]

Le printemps frémit

de branche en branche

le fruit d’un frôlement

Le frisson d’une promesse

les frontières bouleversées

son souffle coiffe les échevelés

 

[ Quadrature de l’éphémère 

Editions La Boucherie littéraire ]

Fragments confits 4

Deux choses étranges

Moi qui aie passé ma vie à la fuir, j’établis dans ce confinement une routine. Elle structure mes journées, faisant fi de quel jour nous sommes. Comme pour aller au bout de cette reposante expérience de ne plus se poser de question sur la teneur desdits jours.

Dès le jour 1, en regardant film ou série l’étonnement d’y voir les gens circuler librement, se prendre dans les bras, se serrer la main. Le sentiment que mon cerveau s’adapte plus vite à la réalité que moi.

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

Fragments confits 7

3 milliards à ce jour
d’humains confinés

Les routes les rues les places
vides
3 milliards de cellules enfermées
dans le vide

Une autre guerre

Il n’y a pas d’homme cultivé, il n’y a que des hommes qui se cultivent

[Maréchal Ferdinand Foch]

Des nouvelles (brèves) de la cabane en parpaings

Tout allait s’arranger.
Je n’en revenais pas de cet alignement des planètes. Je commençais un boulot le samedi, un job idéal.
Avec le tracé des fondations, les travaux pour la maison allaient démarrer le lundi.
C’est grisant quand ça va comme sur des roulettes, j’avais, cette semaine-là, rendez-vous avec mon futur.
J’ai un caractère à voir l’avenir plutôt radieux, mais dans la même foulée un travail, une maison, c’était un feu d’artifice.
On n’arrive pas à mon âge sans savoir que la vie est surprenante, inattendue, que tout peut changer d’une minute à l’autre, que les projets ont toujours une part aléatoire, qu’il y a souvent des embûches sur le chemin, mais tout de même…
une pandémie mondiale !

Mots amis

Parfois on se sourit en silence
avec ce sourire qui veut dire pardon
avec ce sourire qui veut dire peut être
avec ce sourire qui veut dire tant pis
avec ce sourire qui veut dire je sais
moi aussi

[Thomas VinauCarnet de semis]

Fragments confits 5

Trois choses que l’on peut avoir

Peur
Espoir
Pas plus de 12 rouleaux de PQ

Quadrature de l’éphémère – Parution

J’ai écrit ce recueil parce qu’il faut le dire aussi quand on est heureux.
Parce que, quoiqu’il arrive, la nature est ce qui existe de plus généreux sur cette planète.
Je l’ai écrit, assise sur les marches de ma caravane,
comme une ode à ce Luberon tant aimé, au Luberon de chacun, aux jours qui se suivent.
Il acquiert une autre résonance en ces temps étonnants.
Un petit poème de saison pour la route…

[Illustrations de Zaü]

Le printemps frémit

de branche en branche

le fruit d’un frôlement

Le frisson d’une promesse

les frontières bouleversées

son souffle coiffe les échevelés

 

[ Quadrature de l’éphémère 

Editions La Boucherie littéraire ]

Fragments confits 4

Deux choses étranges

Moi qui aie passé ma vie à la fuir, j’établis dans ce confinement une routine. Elle structure mes journées, faisant fi de quel jour nous sommes. Comme pour aller au bout de cette reposante expérience de ne plus se poser de question sur la teneur desdits jours.

Dès le jour 1, en regardant film ou série l’étonnement d’y voir les gens circuler librement, se prendre dans les bras, se serrer la main. Le sentiment que mon cerveau s’adapte plus vite à la réalité que moi.