Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

Fragments déconfits 2

Chose observée

Toujours une surprise
quand l’inconnu.e se démasque

Serions-nous un.e autre
quand seuls les yeux

Cram

Du Mistral

Le vent dans les champs
chavire toutes les fleurs
vagues en couleur

Fragments semi-confits 9

Déjà, on en parle au passé
Vous vous souvenez ?
Ce silence ?
Comme si la neige
était tombée
sur le monde entier

Cram

Fragments semi-confits 7

Il se dit
que le silence a semé quelques graines
que le calme a donné des idées
que l’absence a fait prendre la mesure

Fragments semi-confits 5

Demain est à peine un autre jour
après-demain dans les limbes
ce qui nous reste d’aujourd’hui
on le met sur la table
en une seule mise

Murmures dans l’oreillette

Anniversaire

la première chose à faire – danser
danser la joie de mon corps
ma jeunesse ma jouissance de vivre
j’ai mal à l’Équateur au Kurdistan
au Chili à Java l’Indonésie le Liban
mal à l’Homme et ne peux rien
pour ceux que j’aime que les aimer
rire plus fort ces jours-ci
avec l’obstination des anges
chanter à tue-tête
m’entêter à tuer chagrins
aimer mieux parmi les bêtes
penser à leurs regards
leurs sourires
quand nos regards souriaient ensemble lire plus…

Comptine calami

J’écris
je lis
je relis
je relie
je délie
je dévie
je vis
je relis
à l’envi

Bien commun

J’ai accepté la peur
celle donnée en partage
dans la nature humaine

J’aimerais parler d’autre chose
de ma bonne fortune
ta main dans la mienne

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

Fragment hôtelier 5

Un petit moment
quelques mots échangés
des courtoisies de la vie
des histoires du réel
Aujourd’hui
un couple de boulangers du Limousin
le petit commerce a bien marché pendant le confinement
après, tout est redevenu comme avant

Murmures dans l’oreillette

A chaque fois, quand il lui glisse qu’il l’aime, elle fait le plein de carburant. Et c’est comme si sa vie redémarrait.

[Isabelle Flaten in Se taire ou pas – Editions le Réalgar]

Dans la fumée d’un soir je me disais (2)

A quoi ça sert tout ça ?
Toute cette débauche d’inventions extraordinaires :
le ciel, les arbres, le corps humain, les marées, le temps…
Toutes ces mécaniques qui relèvent du génie,
et même au-delà du génie,
au fond,
ça sert à quoi ?
Le plus beau c’est de se dire à rien.

Ce n’était pas si compliqué

J’aurais voulu parler à la jeune femme
oser le faire
lui dire
je te vois, tu es belle, sauf que tu es triste
Elle m’a entendue
en silence
m’a souri

Fragment hôtelier 4

Faut pas s’attacher
Le jeune couple de soignants
elle de Chartres, lui de Marseille
qui viennent décompresser après l’affaire
avec qui je prends plaisir à discuter chaque après-midi
partira demain
comme tous les autres
Faut pas s’attacher

Dans la fumée d’un soir je me disais

C’est tout de même incroyable, cette diversité.
Entre une fourmi et une girafe, il y a comme un monde.
Peut-être la nature nous expose-t-elle tout ce que nous pourrions être.
Baleine ou libellule ?
Humain n’est qu’un hasard.

Si on pouvait choisir,
je ronronnerais au soleil.

L’être et le suivi

Je suis piste
Je suis chemin
Je suis sente
Je suis route
Je suis traverse
Je suis allée

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

Fragment hôtelier 5

Un petit moment
quelques mots échangés
des courtoisies de la vie
des histoires du réel
Aujourd’hui
un couple de boulangers du Limousin
le petit commerce a bien marché pendant le confinement
après, tout est redevenu comme avant

Murmures dans l’oreillette

A chaque fois, quand il lui glisse qu’il l’aime, elle fait le plein de carburant. Et c’est comme si sa vie redémarrait.

[Isabelle Flaten in Se taire ou pas – Editions le Réalgar]

Dans la fumée d’un soir je me disais (2)

A quoi ça sert tout ça ?
Toute cette débauche d’inventions extraordinaires :
le ciel, les arbres, le corps humain, les marées, le temps…
Toutes ces mécaniques qui relèvent du génie,
et même au-delà du génie,
au fond,
ça sert à quoi ?
Le plus beau c’est de se dire à rien.

Ce n’était pas si compliqué

J’aurais voulu parler à la jeune femme
oser le faire
lui dire
je te vois, tu es belle, sauf que tu es triste
Elle m’a entendue
en silence
m’a souri

Fragment hôtelier 4

Faut pas s’attacher
Le jeune couple de soignants
elle de Chartres, lui de Marseille
qui viennent décompresser après l’affaire
avec qui je prends plaisir à discuter chaque après-midi
partira demain
comme tous les autres
Faut pas s’attacher

Dans la fumée d’un soir je me disais

C’est tout de même incroyable, cette diversité.
Entre une fourmi et une girafe, il y a comme un monde.
Peut-être la nature nous expose-t-elle tout ce que nous pourrions être.
Baleine ou libellule ?
Humain n’est qu’un hasard.

Si on pouvait choisir,
je ronronnerais au soleil.

L’être et le suivi

Je suis piste
Je suis chemin
Je suis sente
Je suis route
Je suis traverse
Je suis allée