Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

51

L’oiseau sur la branche nue,
coloré, vif, pépiant –
dans la vie sauvage.

48 Dimanche

Précédemment

Pas de porte

Au Royaume, chaque saison a son propre rythme et sa propre économie. L’été, tout le monde travaille. C’est le temps fort du quartier, il change de visage, de densité humaine, tous les commerces sont ouverts, personne n’épargne ses heures. L’argent fait ce pourquoi il est fait, comme les touristes, il circule.
Il circule également beaucoup de préjugés, sur les habitants du Royaume. Lorsque l’on dit qu’on habite Gordes, c’est étrange mais humain semble-t-il – souvent inconscient, la plupart des gens en concluent que vous êtes riches. Comme s’il s’agissait d’un ghetto, comme s’il ne pouvait y habiter d’autres personnes. Le plus étrange est la façon dont on vous parle, elle change parce qu’on vous pense aisés. Drôle d’expérience de se voir coller une étiquette, surtout quand elle est tellement loin de soi. Cela donne matière à réflexion. J’observe que je précise vite que j’habite, certes Gordes, mais dans une caravane, avec trois fois rien. Je ne sais pas si je veux seulement rétablir la vérité – mon objectif étant d’atteindre déjà le seuil de pauvreté, ou si j’ai peur qu’on me prenne pour l’une de ceux qui en ce moment canalisent pas mal de haines et sont, geste à connotation, beaucoup montrés du doigt. Même si le mot est un peu fort, qu’il peut désigner quelque chose de bien plus terrible, je ressens cela comme une forme de racisme ; le plus douloureux est de prendre conscience que j’y ai contribué. Il m’est arrivé de stigmatiser les riches comme je n’aimerais pas du tout que l’on me stigmatise parce que je suis pauvre. lire plus…

47

l’hiver patiemment désosse la chair du vif
ne laisse que
la nervure pacifiée

ne lace que
la fragilité

où nous nous retenons
de disparaître totalement,

par-dessous les saisons

[Florence Noël in Terre à ciel]

42

Ces jeunes femmes, en route vers la quarantaine,
je vois leur grande puissance.
Et toute leur fragilité.
Mais leur grande et joyeuse puissance.

41 Dimanche

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Faux pas

En plus de l’amitié, quand je parle du Boucher du Luberon, je l’appelle mon éditeur. Il a publié un de mes recueils de poésie, et deux autres sont à venir. Cela fait plusieurs années que nous traînons nos guêtres ensemble dans le microcosme de la poésie. Je le souhaite à tout le monde – enfin, ceux que ça intéresse – un éditeur pareil. Qui s’attache à chacune de vos virgules, pinaille sur les mots, contrôle tous les détails du livre puis parcourt la France et ses environs pour le vendre. Dommage qu’il ne lise pas de romans. C’est un personnage, insupportable et charmant. Un fou, un poète, un clochard céleste, un généreux. Bref, cela fait quelques mois qu’il a publié On ne connaît jamais la distance exacte entre soi et la rive, il me trouve encore des lectures et même une radio. Une interview à Radio Libertaire dans une émission qui s’appelle Femmes libres. Je suis ravie et détendue, je me sens en famille.
Cerise sur l’ego, cela me fait passer quelques jours à Paname avec Frangine. lire plus…

40

Rien de plus profond de plus obscène de plus inacceptable Rien de plus vrai de plus simple de plus libre de plus fort de plus démuni Rien de plus dangereux de plus nécessaire de plus rare de plus difficile de plus méprisé Rien de plus amoureux de plus humilié Rien.
Rien de plus fou. Rien de plus nouveau. Rien. Que la sincérité.

[ Lili Frikh in revue 21 minutes]

39

Nous voyons de temps en temps
les fantômes de nos morts –
intermittents du spectrale

38

Où je fais la connaissance de nouveaux mots
et me sens plus encline à l’irénologie
qu’à la polémologie

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Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

51

L’oiseau sur la branche nue,
coloré, vif, pépiant –
dans la vie sauvage.

48 Dimanche

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Pas de porte

Au Royaume, chaque saison a son propre rythme et sa propre économie. L’été, tout le monde travaille. C’est le temps fort du quartier, il change de visage, de densité humaine, tous les commerces sont ouverts, personne n’épargne ses heures. L’argent fait ce pourquoi il est fait, comme les touristes, il circule.
Il circule également beaucoup de préjugés, sur les habitants du Royaume. Lorsque l’on dit qu’on habite Gordes, c’est étrange mais humain semble-t-il – souvent inconscient, la plupart des gens en concluent que vous êtes riches. Comme s’il s’agissait d’un ghetto, comme s’il ne pouvait y habiter d’autres personnes. Le plus étrange est la façon dont on vous parle, elle change parce qu’on vous pense aisés. Drôle d’expérience de se voir coller une étiquette, surtout quand elle est tellement loin de soi. Cela donne matière à réflexion. J’observe que je précise vite que j’habite, certes Gordes, mais dans une caravane, avec trois fois rien. Je ne sais pas si je veux seulement rétablir la vérité – mon objectif étant d’atteindre déjà le seuil de pauvreté, ou si j’ai peur qu’on me prenne pour l’une de ceux qui en ce moment canalisent pas mal de haines et sont, geste à connotation, beaucoup montrés du doigt. Même si le mot est un peu fort, qu’il peut désigner quelque chose de bien plus terrible, je ressens cela comme une forme de racisme ; le plus douloureux est de prendre conscience que j’y ai contribué. Il m’est arrivé de stigmatiser les riches comme je n’aimerais pas du tout que l’on me stigmatise parce que je suis pauvre. lire plus…

47

l’hiver patiemment désosse la chair du vif
ne laisse que
la nervure pacifiée

ne lace que
la fragilité

où nous nous retenons
de disparaître totalement,

par-dessous les saisons

[Florence Noël in Terre à ciel]

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Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

51

L’oiseau sur la branche nue,
coloré, vif, pépiant –
dans la vie sauvage.

48 Dimanche

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Pas de porte

Au Royaume, chaque saison a son propre rythme et sa propre économie. L’été, tout le monde travaille. C’est le temps fort du quartier, il change de visage, de densité humaine, tous les commerces sont ouverts, personne n’épargne ses heures. L’argent fait ce pourquoi il est fait, comme les touristes, il circule.
Il circule également beaucoup de préjugés, sur les habitants du Royaume. Lorsque l’on dit qu’on habite Gordes, c’est étrange mais humain semble-t-il – souvent inconscient, la plupart des gens en concluent que vous êtes riches. Comme s’il s’agissait d’un ghetto, comme s’il ne pouvait y habiter d’autres personnes. Le plus étrange est la façon dont on vous parle, elle change parce qu’on vous pense aisés. Drôle d’expérience de se voir coller une étiquette, surtout quand elle est tellement loin de soi. Cela donne matière à réflexion. J’observe que je précise vite que j’habite, certes Gordes, mais dans une caravane, avec trois fois rien. Je ne sais pas si je veux seulement rétablir la vérité – mon objectif étant d’atteindre déjà le seuil de pauvreté, ou si j’ai peur qu’on me prenne pour l’une de ceux qui en ce moment canalisent pas mal de haines et sont, geste à connotation, beaucoup montrés du doigt. Même si le mot est un peu fort, qu’il peut désigner quelque chose de bien plus terrible, je ressens cela comme une forme de racisme ; le plus douloureux est de prendre conscience que j’y ai contribué. Il m’est arrivé de stigmatiser les riches comme je n’aimerais pas du tout que l’on me stigmatise parce que je suis pauvre. lire plus…

47

l’hiver patiemment désosse la chair du vif
ne laisse que
la nervure pacifiée

ne lace que
la fragilité

où nous nous retenons
de disparaître totalement,

par-dessous les saisons

[Florence Noël in Terre à ciel]

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