Journal — Saison 15

Journal
aléatoire.

2026, saison 15. Cette année, j’ai pris une habitude : écrire chaque jour une phrase, et la laisser là. Pas de promesses, pas de programme — juste ce qui passe. Aujournuit.

Aujournuit 24/07/26

Un économiste, David Blanchflower, a fait une étude sur les données de satisfaction de vie de 145 pays. C’est partout pareil, n’importe quel pays, n’importe quel milieu : on est heureux au maximum quand on est jeune, puis de moins en moins à partir de 35 ans jusqu’à 50, et ça remonte…
A 70 ans on est aussi heureux qu’à 20…
C’est bien ce que je t’avais dit, fillette…


Aujournuit 23/07/26

La chaleur à nouveau supportable, on sort de la pénombre, on dort comme des bébés, on redécouvre les bonheurs de l’été


Aujournuit 22/07/26

A l’apéro du soir
Même maintenant, j’ai l’impression que l’an 2000 c’est dans le futur.
[B.C.]


Aujournuit 21/07/26

La lignée depuis ma première aïeule s’arrêtera donc avec moi…
Peut-être est-ce cela qui me pousse à laisser tant de traces écrites…


Aujournuit 20/07/26

L’ADN mitochondrial, ce brin d’ADN capable de voyager à travers des milliers de générations, ne se transmet que par les femmes. Que par nous. À la fécondation, l’ovule garde ses mitochondries, celles du spermatozoïde passent à la trappe. Résultat : les enfants de votre fils hériteront de la lignée de leur mère, la femme de votre fils donc, et pas de la vôtre. Le fil ne tient qu’aux filles. On rit. Jaune. En repensant à tous ces siècles où l’on scrutait le berceau en espérant « un garçon, un héritier, la suite de nous-mêmes ». Toutes ces reines répudiées faute de fils. Tous ces mariages arrangés, ces dynasties, ces guerres, ces trônes pour « perpétuer la lignée » du côté des hommes. Et pendant ce temps, le seul fil vraiment ininterrompu depuis la nuit des temps passait, de mère en fille. Ils se sont fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude. La lignée, c’était nous. Depuis toujours.
[Newsletter – Mesdames]


Aujournuit 18/07/26

Au bord de la mer, spritz et tendresse, on rit de tous ces personnages traversant leur enfance, la lumière est douce, comme le sont devenus les souvenirs


Aujournuit 17/07/26

Ne t’inquiète pas, Sista, tout le monde, toujours, pour une chose ou l’autre, a besoin d’être rassuré


Aujournuit 16/07/26

écrire c’est appeler longtemps dans la nuit
ou le jour
c’est changer les mots en arcanes
exister à un autre endroit
un où tout se déplie autrement
écrire c’est savoir
que chaque mot touche la vie
et que si tu bouges les mots du poème
quelque chose toujours dans ta vie
se déplace

[Coralie Poch in Et je pourrais aussi être la mer – Editions L’Ail des ours]


Aujournuit 15/07/26

Soirée pizzas, soirée d’été, compagnie, cigales, cocktails… ventilateur


Aujournuit 13/07/26

Elle n’a pas le droit d’être gendarme, prof, infirmière, aide-soignante, avocate, expert-comptable, pharmacienne, monitrice…
mais des français l’éliraient présidente de la République ?
Sérieusement ?


Aujournuit 12/07/26

Les nuits rallongent mais ne refroidissent pas, Auxo a oublié de cocher l’option
on ne peut pas compter sur les dieux


Aujournuit 10/07/26

Le papillon est revenu, chacun cherche ce qu’il nous dit à tourner ainsi autour de nous
Mais personne ne connaît bien le langage des papillons
même pas chat gpt


Aujournuit 08/07/26

Mon père n’était pas très facétieux, la petite fille a un souvenir de quelqu’un de sévère, dur, colérique mais l’adulte a compris qu’il aimait rire aussi.
Par exemple, ce geste qu’il avait souvent, la blague récurrente.
C’était à l’époque où pour s’informer, nous lisions le journal en papier. Le journal était grand pour mes mains de gamine mais j’aimais déjà lire et savoir ce qui se passe. Je le lisais tous les jours, je le tenais devant moi et tournais les pages au fur et à mesure, alors mon père passait derrière moi, prenait une serviette de table (elles étaient en tissus à l’époque) ou un torchon, le roulait en boule et l’envoyait sur le journal par-dessus mon épaule.
Le journal m’échappait brusquement des mains et je criais de surprise.
Ça le faisait rire. Moi aussi quand j’arrivais à lui jouer le même tour.


Aujournuit 07/07/26

Ce soir, un papillon s’invite à la tablée, il tourne, virevolte, se pose sur l’un, sur l’autre
on dirait l’âme d’un disparu cherchant à nous rejoindre


Aujournuit 06/07/26

Noter les souvenirs quand ils surgissent, avant qu’ils ne retournent dans les limbes


Pub familiale

Tu ne sais pas quel livre, quelle série, quel film, choisir. Regarde ce que te conseille tes proches (ou moins proches). Top

ça s’appelle Sokult

Aujournuit 04/07/26

Quand Benjamin Franklin signa le traité d’indépendance de l’Amérique, aurait-il pu imaginer un Trump aux commandes, 250 ans plus tard
M’est avis que Géronimo l’aurait plus facilement imaginé


Aujournuit 03/07/26

Jadis, quand j’étais jeune, on disait : écoute ce morceau, maintenant on dit : écoute ce son
Et quand j’entends un morceau de ma jeunesse, c’est vrai que c’en est comme la bande son
je ne sais pas si c’était mieux avant, mais je sais que c’est plus juste maintenant


Aujournuit 02/07/26

Dans le ciel du matin, la lune traîne un peu, un avion et sa trace blanche pile dans son axe.
Pierrot rentre chez lui.


Aujournuit 01/07/26

Dans mon travail pour manger, j’interagis avec une centaine de personnes par jour, constat de ce début de mois, peut-être la chaleur, peut-être le besoin de vacances : le monde est à fleur de peau