Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

30/11/19

Compagnons de voyage impromptu,
descendant à la prochaine,
ou la suivante prochaine,
chacun dans le secret de son cœur relativise sa propre réalité.
Enfin, je crois.
Parfois un mot, une phrase, un vers, passe la carapace,
traverse à cloche pied les traverses, file sur le bon rail –
résonne intra-muros.
Parfois un mot, une phrase, un vers, réunit l’ensemble.
Pour un instant d’une fugacité inouïe. Et palpable.
C’est ce qui nous tient debout : les mots qui passent la carapace.
Enfin, je crois. lire plus…

29/11/19

 

A chacune de nos évolutions on réajuste le contenu de nos deux colonnes :
de plus en plus et de moins en moins.
Et si tout va bien faire comme on le sent
doit toujours se trouver dans la colonne de plus en plus.
Je prends de la distance avec mon écriture pour la ressourcer.
Je ne serai pas là tous les jours mais passerai de temps en temps,
en espérant que nous nous croiserons.

28/11/19


L’écriture est exigeante, elle prend tout le temps du cerveau disponible.
Même quand tu a l’air de faire autre chose.
Je prends un temps pour faire vraiment autre chose.
Je pourrais te dire comme il faut régulièrement interroger son art et qu’en ce moment je n’ai même plus de question.
Je pourrais expliquer l’intermittence de la vacance nécessaire.
Et serai peut-être plus claire demain.

27/11/19


C’est à propos du journal aléatoire, cela fait huit ans que l’on se parle tous les jours – ou presque.
Disons que j’introduis la notion de break entre nous.
Disons que la neuvième saison du journal aléatoire sera plus aléatoire que journal.
Je t’en dis davantage, demain.

26/11/19

 

Tu le sais aussi bien que moi, il y a des temps pour tout.
L’année qui vient est pour moi celle d’importants changements,
ils demandent attention et engagement.
Cela tombe en même temps qu’une profonde remise en question de l’écriture.
Coïncidence ? Je ne crois pas, non.
Je te développe, demain.

25/11/19

 

Cela fait un moment que je tourne cela dans ma tête et dans mes sentiments.
Pour te dire que c’est réfléchi et le plus sincère possible.
Pour résumer, je voudrais arrêter d’écrire sans que tu cesses de me lire.
Demain, je t’explique.

22/11/19


Si je n’écris pas (ou peu) ce qui blesse
ce n’est pas pour faire joli
c’est parce que je veux faire du bon temps

21/11/19


Si l’on passe le passé
à la conscience et la morale d’aujourd’hui
attention à ne pas mélanger les principes
et faire la part des choses
séparer les torchons de l’ivraie

19/11/19

 

Du beau, du bien, du vrai
dit le philosophe à la radio
Comme une publicité
pour l’eau
ou pour la vie
ou pour une eau de vie

16/11/19

 

…/… Il n’allait pas m’expliquer ce que j’aurais dû lire et je n’allais pas lui expliquer ce que j’avais cru lire. La plupart des entretiens avec des écrivains ou des artistes sont inutiles. Ils ne font que paraphraser l’œuvre qui les suscite. Ils alimentent le bruit publicitaire et social. Par fonction, je contribuais à ce bruit. Par nature, il me dégoûtait. J’y voyais une atteinte à l’intimité, à l’autonomie du lecteur, que ne compensaient pas les informations qu’on lui donnait. Il aurait eu besoin de silence, le lecteur …/…

[Philippe Lançon in Le lambeau – Editions Gallimard]

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

30/11/19

Compagnons de voyage impromptu,
descendant à la prochaine,
ou la suivante prochaine,
chacun dans le secret de son cœur relativise sa propre réalité.
Enfin, je crois.
Parfois un mot, une phrase, un vers, passe la carapace,
traverse à cloche pied les traverses, file sur le bon rail –
résonne intra-muros.
Parfois un mot, une phrase, un vers, réunit l’ensemble.
Pour un instant d’une fugacité inouïe. Et palpable.
C’est ce qui nous tient debout : les mots qui passent la carapace.
Enfin, je crois. lire plus…

29/11/19

 

A chacune de nos évolutions on réajuste le contenu de nos deux colonnes :
de plus en plus et de moins en moins.
Et si tout va bien faire comme on le sent
doit toujours se trouver dans la colonne de plus en plus.
Je prends de la distance avec mon écriture pour la ressourcer.
Je ne serai pas là tous les jours mais passerai de temps en temps,
en espérant que nous nous croiserons.

28/11/19


L’écriture est exigeante, elle prend tout le temps du cerveau disponible.
Même quand tu a l’air de faire autre chose.
Je prends un temps pour faire vraiment autre chose.
Je pourrais te dire comme il faut régulièrement interroger son art et qu’en ce moment je n’ai même plus de question.
Je pourrais expliquer l’intermittence de la vacance nécessaire.
Et serai peut-être plus claire demain.

27/11/19


C’est à propos du journal aléatoire, cela fait huit ans que l’on se parle tous les jours – ou presque.
Disons que j’introduis la notion de break entre nous.
Disons que la neuvième saison du journal aléatoire sera plus aléatoire que journal.
Je t’en dis davantage, demain.

26/11/19

 

Tu le sais aussi bien que moi, il y a des temps pour tout.
L’année qui vient est pour moi celle d’importants changements,
ils demandent attention et engagement.
Cela tombe en même temps qu’une profonde remise en question de l’écriture.
Coïncidence ? Je ne crois pas, non.
Je te développe, demain.

25/11/19

 

Cela fait un moment que je tourne cela dans ma tête et dans mes sentiments.
Pour te dire que c’est réfléchi et le plus sincère possible.
Pour résumer, je voudrais arrêter d’écrire sans que tu cesses de me lire.
Demain, je t’explique.

22/11/19


Si je n’écris pas (ou peu) ce qui blesse
ce n’est pas pour faire joli
c’est parce que je veux faire du bon temps

21/11/19


Si l’on passe le passé
à la conscience et la morale d’aujourd’hui
attention à ne pas mélanger les principes
et faire la part des choses
séparer les torchons de l’ivraie

19/11/19

 

Du beau, du bien, du vrai
dit le philosophe à la radio
Comme une publicité
pour l’eau
ou pour la vie
ou pour une eau de vie

16/11/19

 

…/… Il n’allait pas m’expliquer ce que j’aurais dû lire et je n’allais pas lui expliquer ce que j’avais cru lire. La plupart des entretiens avec des écrivains ou des artistes sont inutiles. Ils ne font que paraphraser l’œuvre qui les suscite. Ils alimentent le bruit publicitaire et social. Par fonction, je contribuais à ce bruit. Par nature, il me dégoûtait. J’y voyais une atteinte à l’intimité, à l’autonomie du lecteur, que ne compensaient pas les informations qu’on lui donnait. Il aurait eu besoin de silence, le lecteur …/…

[Philippe Lançon in Le lambeau – Editions Gallimard]

Chaque écrivain a sa propre réalité de l’affaire d’écrire

30/11/19

Compagnons de voyage impromptu,
descendant à la prochaine,
ou la suivante prochaine,
chacun dans le secret de son cœur relativise sa propre réalité.
Enfin, je crois.
Parfois un mot, une phrase, un vers, passe la carapace,
traverse à cloche pied les traverses, file sur le bon rail –
résonne intra-muros.
Parfois un mot, une phrase, un vers, réunit l’ensemble.
Pour un instant d’une fugacité inouïe. Et palpable.
C’est ce qui nous tient debout : les mots qui passent la carapace.
Enfin, je crois. lire plus…

29/11/19

 

A chacune de nos évolutions on réajuste le contenu de nos deux colonnes :
de plus en plus et de moins en moins.
Et si tout va bien faire comme on le sent
doit toujours se trouver dans la colonne de plus en plus.
Je prends de la distance avec mon écriture pour la ressourcer.
Je ne serai pas là tous les jours mais passerai de temps en temps,
en espérant que nous nous croiserons.

28/11/19


L’écriture est exigeante, elle prend tout le temps du cerveau disponible.
Même quand tu a l’air de faire autre chose.
Je prends un temps pour faire vraiment autre chose.
Je pourrais te dire comme il faut régulièrement interroger son art et qu’en ce moment je n’ai même plus de question.
Je pourrais expliquer l’intermittence de la vacance nécessaire.
Et serai peut-être plus claire demain.

27/11/19


C’est à propos du journal aléatoire, cela fait huit ans que l’on se parle tous les jours – ou presque.
Disons que j’introduis la notion de break entre nous.
Disons que la neuvième saison du journal aléatoire sera plus aléatoire que journal.
Je t’en dis davantage, demain.

26/11/19

 

Tu le sais aussi bien que moi, il y a des temps pour tout.
L’année qui vient est pour moi celle d’importants changements,
ils demandent attention et engagement.
Cela tombe en même temps qu’une profonde remise en question de l’écriture.
Coïncidence ? Je ne crois pas, non.
Je te développe, demain.

25/11/19

 

Cela fait un moment que je tourne cela dans ma tête et dans mes sentiments.
Pour te dire que c’est réfléchi et le plus sincère possible.
Pour résumer, je voudrais arrêter d’écrire sans que tu cesses de me lire.
Demain, je t’explique.

22/11/19


Si je n’écris pas (ou peu) ce qui blesse
ce n’est pas pour faire joli
c’est parce que je veux faire du bon temps

21/11/19


Si l’on passe le passé
à la conscience et la morale d’aujourd’hui
attention à ne pas mélanger les principes
et faire la part des choses
séparer les torchons de l’ivraie

19/11/19

 

Du beau, du bien, du vrai
dit le philosophe à la radio
Comme une publicité
pour l’eau
ou pour la vie
ou pour une eau de vie

16/11/19

 

…/… Il n’allait pas m’expliquer ce que j’aurais dû lire et je n’allais pas lui expliquer ce que j’avais cru lire. La plupart des entretiens avec des écrivains ou des artistes sont inutiles. Ils ne font que paraphraser l’œuvre qui les suscite. Ils alimentent le bruit publicitaire et social. Par fonction, je contribuais à ce bruit. Par nature, il me dégoûtait. J’y voyais une atteinte à l’intimité, à l’autonomie du lecteur, que ne compensaient pas les informations qu’on lui donnait. Il aurait eu besoin de silence, le lecteur …/…

[Philippe Lançon in Le lambeau – Editions Gallimard]