Trois fautes dans un énoncé de trois lignes
(écrit pour des entreprises)
il faut le savoir
c’est aussi cela le monde nouveau

Dans le monde que j’ai connu, les anciens possédaient des écritures majestueuses, toutes se ressemblaient, façon pleins et déliés.
Ils considéraient nos pattes de mouche avec pitié et désolation, comme je regarde à l’instant cet énoncé et ses trois fautes, une de conjugaison et deux d’accord dont une évidemment de participe passé.
Ce terrible participe passé avec ses êtres et ses avoirs (un vrai complot), j’en consulte régulièrement les règles, à ce sujet je n’ai aucune confiance en moi, à noter aussi qu’à force de la voir accommodée à toutes les sauces on ne sait plus à quelle grammaire se vouer.
Voilà donc qu’advient le temps de gloire des fautes d’orthographe,
et l’apprentissage pour les moins récents du lâcher prise. Ou pas.
C’est un peu l’option que j’ai choisie, le ou pas. Quitte à passer pour celle qui fait sa maligne, qui étale sa confiture, je relève la faute et l’exprime à voix haute. C’est de toute façon plus fort que moi, cela m’écorche l’œil, il faut que je le dise, il faut bien que quelqu’un le dise.
Bien sûr qu’en vérité tout cela n’a pas la moindre importance, juste pour dire que ce n’est pas une légende, les jeunes vibrent sur d’étranges musiques et crucifient avec nonchalance des principes anciens.
Avec un peu de mémoire, on peut même s’en réjouir.
Et balayer de la main les dommages collatéraux – feu l’orthographe, vive l’ortografe.
Dans les générations précédentes, il n’y avait qu’une manière, à la plume et dans les normes.
Pour nous, l’écriture a défait son corset.
Mais pour l’orthographe nous n’avions pas le choix,
et sans être pour autant obligés de se taire,
ni renoncer à accorder les participes passés,
on peut reconnaître aux plus jeunes leur créativité dans ce domaine.

Partager le tableau et laisser écrire chacun
comme bon lui pourrait être une solution,
sinon il faudrait se battre, voire bloquer le pays,
pas sûr que ce soit une très bonne idée ni que ça change quoi que ce soit à l’évolution des choses,
de l’orthographe, de la grammaire, des principes et des participes,
passés, présents et futurs.
L’important reste de se comprendre.
Non ?
Si ?