Sortir

Sortir
Retrouver les sensations
Marcher
Quitter la ville
Retrouver la vie
Marcher
Laisser derrière
Les rues et le béton
Cheminer sur le sentier
Au milieu de la lande
Aller vers le vent
Vers l’ouest et l’océan

Éprouver la sensation d’être
A cet instant vivant
Pleinement
Marcher encore
Sur l’herbe rase de la colline
Surplombant la plage et l’Iroise
Descendre en courant
Comme un enfant dans le vent
Et presque voler
Passer les dunes aux longs cheveux
Et enfin s’arrêter
S’arrêter et sentir
Ressentir la puissance du vent
Le sable souple sous les pieds
Eprouver la beauté de ce bout du monde
Le blanc des vagues percutant le noir des falaises
La plage qui vole et la mer déchaînée
Le grain qui approche
La force des éléments
Et mille nuances de couleurs
Le visage percuté par la nuit glacée
Le froid qui mord
Goûter le sel des embruns
Mêlé à celui des larmes
Pleurer d’un trop-plein
Sans savoir d’où cela vient
Pleurer de s’être trop retenu
Ecouter l’Iroise, les bourrasques et son cœur
Reprendre la marche vers un nouvel intérieur
Nourri par la nature et l’océan
Se promettre de revenir
Et revenir

[Laurent Borgarino in Chronique d’Iroise– Editions des p’Ty Papiers]