Compagnons de voyage impromptu,
descendant à la prochaine,
ou la suivante prochaine,
chacun dans le secret de son cœur relativise sa propre réalité.
Enfin, je crois.
Parfois un mot, une phrase, un vers, passe la carapace,
traverse à cloche pied les traverses, file sur le bon rail –
résonne intra-muros.
Parfois un mot, une phrase, un vers, réunit l’ensemble.
Pour un instant d’une fugacité inouïe. Et palpable.
C’est ce qui nous tient debout : les mots qui passent la carapace.
Enfin, je crois.

On peut y aller Jean, la voie est libre,
les bagages consignés.
Sur des carnets empilés.
Tout un chacun est chaque jour un survivant
(on dirait un morceau de Dylan Nobel).

On ne peut pas se souvenir de tout,
on ne peut pas compter les regards,
ni les étoiles dans une nuit,
on jette juste un œil sur le quai avant de refermer la portière du train.
On fait glisser la bande sur radio perfecto,
on put on nos red schoes et on dance the blues*.
On s’éloigne de la bordure du quai, si on veut !

De multiples trains dans ma tête – gare de triage.
Sortir des rails fait-il de nous des aventuriers ?
N’est-ce pas emprunter d’autres rails ?
De toute façon ton train de vie ?
Parfois le sentiment de le prendre au vol,
comme un réflexe, comme un hobo,
un train peut en cacher un autre –
ou pas.

* David Bowie in Let’s Dance

[ Extrait La voie est libre – Avec Jean Azarel – Inédit]